Temoignage d’une femme évadée de Daech


Au nom d’Allâh , le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux


Suite au précédent témoignage, nous savons que certaines femmes ont été incité à rejoindre la Syrie par des hommes suivant la voie du takfirisme.

*Ils se servent de vidéos véhiculés par les terroristes(musiques, attaques, promo) pour inciter les femmes afin de les rejoindre dans leur route pour la Syrie.
*Ils banalisent la vision de la barbarie et de la violence, en prétendant que ceci est tout à fait naturel et normal.
*Ils se présentent d’une image de gentil et se montrent de plus en plus violent et agressive.

Mais si celà concerne l’incitation, qu’en est-il de celles qui ne pourront jamais témoigner? Qu’en est-il de celles qui ont été séduites par cette incitation et les ont rejointes en Syrie?
Qu’est ce que les adolescentes et autres femmes subissent auprès de Daesh?
Voici le temoignage d’une musulmane évadée de Daesh:

« Je vais vous raconter ma petite histoire personnelle que vous n’êtes pas obligés de lire. Tout d’abord mes sœurs sachez que si je dévoile ce pan de ma vie privée c’est que je veux votre bien et je souhaite vous mettre en garde du danger qu’il y a là-bas.

Assalam alaykunna wa rahmatullahi wa barakatuh
Pour commencer je vais me présenter un peu, je suis une sœur de 18 ans, je vis dans les environs de Lille (59).

J’étais comme beaucoup d’entre vous assez souvent sur ma page Facebook pour partager de bons moments et des rappels sur la religion avec les sœurs que j’avais en amies. J’ai fais de magnifiques rencontres, j’ai appris tellement de choses et je suis devenue meilleure grâce à elles. Jusqu’au jour ou un frère, enfin si on peut appeler ça comme ça est venu GÂCHER MA VIE. Il est venu à moi profitant de ma naïveté et pour bien sûr m’arracher à ma famille.

Je n’acceptais pas les hommes. Et je ne répondais donc pas à leurs messages non plus. Je ne sais pas ce qui m’a pris de répondre à ses messages mais quelque chose m’y poussait. Donc il est venu à moi, et m’a demandé si je comptais faire la hijra, je lui ai répondu que oui, mais une fois mariée Bi idni Llah. Il m’a dit qu’il ne fallait pas impérativement être mariée pour émigrer pour la cause d’Allah soubhanou wa taa’la. Et que là où il était il y avait beaucoup de frères qui souhaitaient se marier (dont lui) bien évidemment, il l’avait précisé. Il m’a fait un lavage de cerveau jusqu’à me dire qu’il avait émigré en Syrie et qu’il était dans le camp de « Dawla ». Il me faisait nassiha (conseil/rappel) tous les jours me disant de quitter ce pays de kouffr, que vivre sous les lois du Trés-Haut était obligatoire et que chaque jour passé ici était des péchés pour moi.

Il m’a « vendu du rêve ». Je l’ai donc naïvement écouté, deux mois après j’étais bêtement tombée amoureuse de lui, je suis partie le rejoindre sans prévenir personne et laissant ma famille inquiète sans nouvelles. Logiquement direction Turquie mais il avait tout prévu pour ne pas que je me fasse attraper par les autorités françaises. J’ai dû contourner la France et prendre mon billet d’avion à l’étranger.

J’ai eu toutes les raisons de faire demi-tour durant mon trajet mais malheureusement je ne l’ai pas fait… Je suis bien arrivée en Turquie où un passeur devait venir me chercher, je suis sortie de l’aéroport vers deux-trois heures du matin. Et aucun passeur n’était là. J’ai donc pris un hôtel, et j’ai contacté le frère. Il m’a rassurée et m’a dit de me reposer et que tout allait s’arranger demain. Le lendemain deux frères de Daesh sont venus me récupérer en voiture pour m’emmener dans une maison remplie de sœurs Russes qui allaient également en Syrie rejoindre un homme. Au bout de trois jours ces deux hommes m’ont emmenée accompagnée d’une sœur à une gare de bus pour aller jusqu’à Gaziantep car c’est la ville la plus proche de la frontière… Après dix heures de bus, un passeur nous attendait là-bas et nous a déposées dans une autre maison.

Quelques heures après un camion rempli d’hommes et de femmes est venu nous récuperer et nous a déposées le plus prés possible de la frontière. On a dû courir pendant à peu prés de trois minutes pour atteindre la Syrie. Après cela, des hommes ont pris tous nos bagages et nous ont enfermées dans une maison vétuste, insalubre, sans électricité et pleine de femmes et d’enfants. Le frère m’avait promis de me récupérer dès mon arrivée mais j’ai vécu une semaine dans cette maison puis deux semaines dans une autre. C’est donc au bout de trois semaines qu’on m’a déposée à Raqqa, la capitale, où je me suis mariée avec ce frère. Sur la route j’ai pu voir des décapitations d’hommes en public, des crucifixions, et je passe les détails. C’était l’horreur sans parler des avions qui bombardaient constamment.

J’ai vécu cinq mois avec cet homme comme une esclave, il n’était jamais là, il me délaissait, j’étais toujours seule et enfermée. Les seules fois où il rentrait c’était pour manger et pour assouvir ses besoins d’homme. Il est devenu violent envers moi jusqu’à me pousser du balcon. Je n’ai pas été hospitalisée faute de moyens et d’expérience et je ne sais toujours pas marcher correctement à l’heure d’aujourd’hui.

J’ai donc divorcé et on m’a remariée de force avec un Chichène, qui lui était obsédé sexuellement et très violent. Après neuf mois de calvaire j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai réussi par la grâce du Trés haut que je remercie tous les jours à m’enfuir de ce pays et à retrouver ma famille…. Qu’Allah swt vous préserve de tout ça.

Mes sœurs je vous aime fi Allah, faites attention à vous pour l’amour d’Allah. Le haqq n’est pas là-bas, n’allez pas rejoindre ce clan de chiens de l’Enfer. Ce sont bel et bien des khâwarijs…. Et je connais beaucoup de sœurs de France ou d’ailleurs qui voudraient revenir mais une fois entrées là-bas c’est interdit d’y sortir, du moins pas vivant…« 

Source: sunna-magazine.com

Séminaire sur les Terroristes



Au nom de Dieu, le tout miséricordieux, le très miséricordieux.

 

Durant le SAMEDI 25 OCTOBRE 2014, le Séminaire: « Qui sont DAECH, Al-Qâidah et An-Nosrah à la lumière du Coran et de la Sounnah » s’était organisé à la Mosquée « Masjid Dar At-Tawhîd ».

Ce séminaire organisé par des prédicateurs suivant la voie des pieux prédecesseurs(Salafis), concernait la voie des kharijistes takfiristes(que les médias appellent Djihadistes) et leur difference avec la voie du dernier des Prophetes, Muhammad, que la prière et la paix de Dieu soit sur lui.

Les trois conférenciers lors de ce Séminaire étaient:
Maher Abu Ibrahim avec comme sujet : La différence entre la croyance des kharijistes et des gens de la Tradition Prophétique.

Sidati abu Abderrahman qui est recommandé par le Savant du Hadith, Wasiou LLâh Abbas, avec comme sujet : Les kharijistes, de leur apparition jusqu’à nos jours, (dont l’audio est ici)

Et Uthmân Abu Laïth , recommandé par le Savant  Wasiou llâh Abbas, avec comme sujet :  Les similitudes entre les premiers kharijistes et les contemporains à travers les textes. (dont l’audio est ici )

Le Savant du hadith, Wassiou Allâh Abbas, y avait également effectué une intervention téléphonique depuis l’Arabie.

 

source : Dourous sounnah et http://www.institutsounnah.com/qui-sont-daech-al-qaidah-et-an-nosrah-a-la-lumiere-du-coran-et-de-la-sounnah

Un boxeur meurt suite aux coups au visage


Au Nom du Dieu, le total misericordieux, le très misericordieux.

Durant une bagarre sportive s’étant organisé le samedi 19 Octobre 2013, le boxeur mexicain Francisco Leal est mort de blessures subites contre son compatriote Raul Hirales , Leal fut vaincu officiellement par KnockOut au 8éme round, après un terrible assaut de coups de points.

Après l’arrêt du combat, Leal fit un coma. Le boxeur mexicain fut transféré d’urgence à trois hôpitaux, de Los Cabos à Laz Paz, pour finalement décédé à l’hôpital San Diego. Malgré son palmares(20-8-3, 13 KO) ainsi que tous les effors des médecins, le jeune boxeur ne pu être reanimé et meurt quelques heures après le combat.

Le Dernier des Prophètes, Muhammad (que la prière et la bénédiction de Dieu soit sur lui), a dit : «Quand l’un de vous combat son frère qu’il évite le visage car Allah a créé Adam en Son image !» (Rapporté par l’imam Muslim) [voir explication http://www.manhajulhaqq.com/spip.php?article389 ]

Source : tout-sur-la-boxe.net/?p=37426

Islamocide : Une fille de 17 ans sans defense, frappé par 2 trentenaire



Au nom de Dieu, le tout miséricorde , le très miséricordieux.

95100, Argenteuil, rue du nord, quartier pavillonnaire des Coteaux, une jeune lyceenne a été agressé en pleine rue dans l une des ville les moins inconnu d’île de France sous pretexte d’être (soumise entierement à Dieu)Musulmane.

«Il était près de 21 heures, temoigne l’agressé. J’ai croisé deux personnes d’environ 30 ans. L’un d’eux m’a insultée. J’ai accéléré le pas car j’ai eu peur, mais les hommes ont fait demi-tour, l’un d’eux a arraché mon voile, m’a mise à terre puis m’a rouée de coups tout en me traitant de sale arabe, de sale musulmane, raconte cette étudiante en bac pro comptabilité. L’autre homme rigolait».
«Sans l’intervention d’un passant qui a arrêté les agresseurs, je ne sais pas ce qui se serait passé», ajoute son père.

Cette violence engendra Sept Jours d’arrêt Maladie pour l’innocente jeune fille

source : leparisien.fr/val-d-oise-95/argenteuil-une-jeune-femme-voilee-victime-d-une-agression-raciste-06-06-2013-2872541.php

Catch : Les coups aux visages, un danger selon Paul Levesque



D’après une interview accordé par le journal USA Today au COO de la WWE Paul Levesque(de son nom de scène Triple H, surnommé également par le terme blasphématoire de ROIDESROIS), indique que la WWE prends très aux sérieux les commotions cérébrales. Triple H, malgré qu il soit surnommé le Cerebral Assassin, fourni ensuite au journal des chiffres:
-2011, il y a eu pas moins de 25 cas ce commotion cérébrale recensées à la World Wrestling Entertement
-2012, le nombre de commotion cérébral a été réduit à 11 selon l’ancien acteur de la storyline ayant pris fin le mois dernier « Brock Lesnar vs Triple H » lors de l’événement EXTREME RULES , en signalant que ce fut l’année de l’institution de l’interdiction des coups de chaise sur la tête.

Paul Levesque revient également sur le cas récent d’un catcheur champion actuel mondial sur papier, ayant subi un coup dans la tête par erreur de communication. Le coup de pied était prévu atterrir sur la poitrine, mais est arrivé en plein visage, ce qui entraîna une sérieuse commotion cérébral. Ceci stoppa une grande partie d’une storyline prévu pour leur champion mondial Doplh Ziggler, au point d’annulé la Présence de leur champion à leur Événement Mensuel Payant, ce qui était pour la WWE embettant.

La carrière de Bret « The hitman » Hart, une légende de la lutte et du divertissement sportif, s’était justement interrompu suite à un coup au visage reçu.
Malgré que Bret Hart a été formé par son père Stu Hart dans le donjon des hart, dans lequel les élèves sont former en subissant des prises de soumission hyper douloureuse, sa grande et extrême expérience physique ne l’as pas rendu à l’abris d’une retraite anticipé suite au coup au visage.

La WWE promet donc son appui financié pour les recherches qui sont menés sur les maladies cérébrales causées dans le milieu du sport.

Un Ancien lutteur, nommé Chris Nowinski, a depuis la fin de sa carrière monté une association ayant pour but d’analyser les conséquences des coups reçus au niveau de la tête. Cette institution a notamment montré que de nombreux sportifs ayant commis des meurtres et des suicides se sont vus diagnostiqués de sévères dommages au niveau du cerveau.

Veuillez consulter la parole du Grand Savant de l’Islam ‘Abdel-‘Azîz Ibn ‘Abdi-llâh Ibn Bâz sur les coups aux visages :
http://3ilm.char3i.over-blog.com/article-le-regard-de-l-islam-sur-la-boxe-la-corrida-et-la-lutte-libre-35816233.html

Source : forum.fnnation.com/showthread.php?t=108636

Cour Europeenne : la laicite est incompatible avec l’Islam



La cour européenne des droits de l’homme(CDEH) a déclaré, lors de l’arrêt du 31 juillet 2001 annoncant la fermeture d’un parti Musulman turc en Turquie, que les droits de l’homme(frabriqué en 1950) et la démocratie sont incompatibles avec La Loi Divine.

«(…) 11.  Le 21 mai 1997, le procureur général près la Cour de cassation saisit la Cour constitutionnelle turque d’une action en dissolution du R.P. Il reprochait au R.P. de constituer un « centre » (mihrak) d’activités contraires au principe de laïcité. A l’appui de sa demande, le procureur général invoquait notamment les actes et propos suivants des dirigeants et membres du R.P.  :
‑  Le président et les autres dirigeants du R.P. soutenaient, dans toutes leurs interventions publiques, le port du foulard islamique dans les écoles publiques et dans les locaux d’administrations publiques, alors que la Cour constitutionnelle avait déjà déclaré que cela allait à l’encontre du principe de laïcité inscrit dans la Constitution.
‑  Lors d’une réunion relative à la révision constitutionnelle, le président du R.P., Necmettin Erbakan, avait formulé des propositions tendant à abolir le système laïque de la République. Il avait suggéré que les fidèles de chaque mouvement religieux suivent les règles propres à leur organisation et non plus les règles de droit de la République.(…)
24.  Quant au fond, la Cour constitutionnelle estima que si les partis politiques étaient les principaux acteurs de la vie politique démocratique, leurs activités n’échappaient pas à certaines restrictions. Notamment, leurs activités incompatibles avec le principe de la prééminence du droit ne pouvaient être tolérées. La Cour constitutionnelle invoqua les dispositions constitutionnelles imposant le respect de la laïcité aux divers organes du pouvoir politique. Elle rappela également les nombreuses dispositions de la législation interne obligeant les partis politiques à appliquer le principe de laïcité dans plusieurs domaines de la vie politique et sociale. La Cour constitutionnelle fit valoir que la laïcité était l’une des conditions indispensables de la démocratie. Selon elle, le principe de laïcité était garanti en Turquie sur le plan constitutionnel, en raison de l’expérience historique du pays et des particularités de la religion musulmane. La Cour fit observer l’incompatibilité du régime démocratique avec les règles de la Charia. Elle rappela que le principe de laïcité interdisait à l’Etat de témoigner une préférence pour une religion ou croyance précise et constituait le fondement de la liberté de conscience et de l’égalité entre les citoyens devant la loi. Selon la Cour constitutionnelle, l’intervention de l’Etat en vue de sauvegarder la nature laïque du régime politique devait être considérée comme nécessaire dans une société démocratique.
25.  Pour la Cour constitutionnelle, les éléments de preuve suivants démontraient que le R.P. était devenu un « centre d’activités contraires au principe de laïcité » :
‑  Le président du R.P., Necmettin Erbakan, avait encouragé le port du foulard islamique dans les établissements publics et scolaires. (…)

Dans son discours du 14 décembre 1995, précédant aux élections législatives, il avait déclaré ce qui suit :

« (…) les recteurs (d’université) vont s’incliner devant le voile quand le R.P. sera au pouvoir ».

Or, manifester ainsi sa religion équivalait à faire pression sur les personnes qui ne suivaient pas cette pratique et créait une discrimination fondée sur la religion ou les croyances. Cette conclusion était renforcée par les constatations de la Cour constitutionnelle et du Conseil d’Etat dans diverses affaires et par la jurisprudence de la Commission européenne des Droits de l’Homme dans les requêtes nos 16278/90 et 18783/91 concernant le port du foulard dans les universités.

(…)- Le vice-président du R.P., Ahmet Tekdal, avait indiqué, dans un discours prononcé en 1993 lors d’un pèlerinage en Arabie saoudite et retransmis par une chaîne télévisée en Turquie, qu’il préconisait l’instauration d’un régime basé sur la Charia :(…)
‑  Le vice-président du R.P. et ministre de la Justice, Şevket Kazan, avait rendu visite à une personne qui se trouvait en détention provisoire pour activités contraires au principe de laïcité et lui avait ainsi marqué son soutien en sa qualité de ministre.(…)

27.  La Cour constitutionnelle rappela qu’elle prenait en considération les textes internationaux concernant la protection des droits de l’homme, y compris la Convention. Elle invoqua également les restrictions prévues par le deuxième paragraphe de l’article 11 et par l’article 17 de la Convention. Elle fit observer dans ce contexte que les dirigeants et les membres du R.P. utilisaient les droits et libertés démocratiques en vue de remplacer l’ordre démocratique par un système fondé sur la Charia. Selon la Cour, lorsqu’un parti politique poursuivait des activités visant à mettre fin à l’ordre démocratique et utilisait sa liberté d’expression pour appeler à passer à l’action dans ce sens, la Constitution et les normes supranationales de sauvegarde des droits de l’homme autorisaient sa dissolution. (…)

43.  La Convention européenne des Droits de l’Homme doit se comprendre et s’interpréter comme un tout. Les droits de l’homme constituent un système intégré visant à protéger la dignité de l’être humain ; la démocratie et la prééminence du droit (rule of law) tiennent à cet égard un rôle clé.
La démocratie suppose de donner un rôle au peuple. Seules peuvent être investies des pouvoirs et de l’autorité de l’Etat des institutions créées par et pour le peuple ; les lois doivent être interprétées et appliquées par un pouvoir judiciaire indépendant. Il n’y a pas de démocratie lorsque la population d’un Etat, même majoritairement, renonce à ses pouvoirs législatif et judiciaire au profit d’une entité qui n’est pas responsable devant le peuple qu’elle gouverne, que cette entité soit laïque ou religieuse.
La prééminence du droit signifie que tous les êtres humains sont égaux devant la loi, en droits comme en devoirs. Toutefois, la loi doit tenir compte des différences, étant entendu qu’il s’agit de distinctions entre les personnes et les situations qui ont une justification objective et raisonnable, visent un but légitime, sont proportionnées et conformes aux principes qui règnent normalement dans les sociétés démocratiques. Or on ne saurait dire que la prééminence du droit règne sur le plan laïque lorsque des groupes de personnes subissent une discrimination au seul motif qu’ils représentent des sexes différents ou des convictions politiques et/ou religieuses différentes. Il ne règne pas non plus lorsque des systèmes juridiques entièrement différents sont créés pour de tels groupes.
Il existe un lien très étroit entre la prééminence du droit et la démocratie. La loi ayant pour fonction d’établir des distinctions sur la base de différences pertinentes, il ne saurait y avoir de réelle prééminence du droit sur une longue période si les personnes soumises aux mêmes lois n’ont pas le dernier mot au sujet de leur contenu et de leur mise en œuvre.
44.  La Cour rappelle en outre que, malgré son rôle autonome et la spécificité de sa sphère d’application, l’article 11 doit s’envisager aussi à la lumière de l’article 10. La protection des opinions et de la liberté de les exprimer constitue l’un des objectifs de la liberté de réunion et d’association consacrée par l’article 11. Il en va d’autant plus ainsi dans le cas de partis politiques, eu égard à leur rôle essentiel pour le maintien du pluralisme et le bon fonctionnement de la <strong›démocratie. (…)

50.  La Cour a précisé que dans une société démocratique, où plusieurs religions coexistent au sein d’une même population, il peut se révéler nécessaire d’assortir cette liberté de limitations propres à concilier les intérêts des divers groupes et à assurer le respect des convictions de chacun (arrêt Kokkinakis précité, p. 18, § 33).
(…)
La Cour constitutionnelle a rappelé qu’un tel système, qui avait ses origines dans l’histoire de l’Islam en tant que régime politique, s’opposait au sentiment d’appartenance à une nation ayant une unité législative et judiciaire. Un tel système porterait naturellement atteinte à l’unité judiciaire, puisque chaque mouvement religieux se doterait de ses propres juridictions et les tribunaux de l’ordre juridique général seraient tenus d’appliquer le droit selon la religion des comparants, obligeant ces derniers à dévoiler leurs convictions. Pareil système saperait également l’unité législative, étant donné que chaque mouvement religieux aurait compétence pour édicter les règles de droit applicables en son sein. (…)
Selon la Cour, un tel modèle de société ne saurait passer pour compatible avec le système de la Convention, pour deux raisons :
D’une part, il supprime le rôle de l’Etat en tant que garant des droits et libertés individuels et organisateur impartial de l’exercice des diverses convictions et religions dans une société démocratique, puisqu’il obligerait les individus à obéir, non pas à des règles établies par l’Etat dans l’accomplissement de ses fonctions précitées, mais à des règles statiques de droit imposées par la religion concernée. Or, l’Etat a l’obligation positive d’assurer à toute personne dépendant de sa juridiction de bénéficier pleinement, et sans pouvoir y renoncer à l’avance, des droits et libertés garantis par la Convention (voir, mutatis mutandis, l’arrêt Airey c. Irlande du 9 octobre 1979, série A n° 32, p. 14, § 25). (…)

71.  Quant au second groupe des moyens retenus par la Cour constitutionnelle, celle-ci a estimé que le R.P. avait l’intention d’instaurer la Charia (la loi islamique) comme droit commun et comme droit applicable à la communauté musulmane. Or, pour la Cour constitutionnelle, la Charia serait l’antithèse de la démocratie , dans la mesure où elle se fonde sur des valeurs dogmatiques et est le contraire de la suprématie de la raison, des conceptions de la liberté, de l’indépendance, ou de l’idéal de l’humanité développé à la lumière de la science.(…)

72.  A l’instar de la Cour constitutionnelle, la Cour reconnaît que la Charia, reflétant fidèlement les dogmes et les règles divines édictées par la religion, présente un caractère stable et invariable. Lui sont étrangers des principes tels que le pluralisme dans la participation politique ou l’évolution incessante des libertés publiques. La Cour relève que, lues conjointement, les déclarations en question qui contiennent des références explicites à l’instauration de la Charia sont difficilement compatibles avec les principes fondamentaux de la démocratie, tels qu’ils résultent de la Convention, comprise comme un tout. Il est difficile à la fois de se déclarer respectueux de la démocratie et des droits de l’homme et de soutenir un régime fondé sur la Charia, qui se démarque nettement des valeurs de la Convention, notamment eu égard à ses règles de droit pénal et de procédure pénale, à la place qu’il réserve aux femmes dans l’ordre juridique et à son intervention dans tous les domaines de la vie privée et publique conformément aux normes religieuses. En outre, les déclarations qui concernent le souhait de fonder un « ordre juste » ou un « ordre de justice » ou « ordre de Dieu », lues dans leur contexte, même si elles se prêtent à diverses interprétations, ont pour dénominateur commun de se référer aux règles religieuses et divines pour ce qui est du régime politique souhaité par les orateurs. Elles traduisent une ambiguïté sur l’attachement de leurs auteurs pour tout ordre qui ne se base pas sur les règles religieuses. Selon la Cour, un parti politique dont l’action semble viser l’instauration de la Charia dans un Etat partie à la Convention peut difficilement passer pour une association conforme à l’idéal démocratique sous-jacent à l’ensemble de la Convention.

73.  La Cour estime également que, considérées isolément, les prises de position des dirigeants du R.P., notamment sur la question du foulard islamique ou sur l’organisation des horaires dans le secteur public en fonction de la prière, et certaines de leurs initiatives, telles que la visite de M. Kazan, alors ministre de la Justice, à un membre de son parti inculpé d’incitation à la haine fondée sur la discrimination religieuse, ou la réception offerte par M. Erbakan aux dirigeants des différents mouvements islamiques, ne constituaient pas une menace imminente pour le régime laïque en Turquie. Cependant, la Cour juge convaincante la thèse du Gouvernement selon laquelle ces actes et prises de position étaient conformes au but inavoué du R.P. d’instaurer un régime politique fondé sur la Charia. (…) »

source : hudoc.echr.coe.int/sites/eng/pages/search.aspx?i=001-64174